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La Lettre Pro de la Radio & des Médias - La Puissance du Média Radio

​La radio se réinvente sous contrainte

Sans attendre la fin de la saison, il est déjà possible de se livrer à un exercice de prédiction. À quatre mois de l’échéance, France Inter conservera sans surprise sa place de première radio de France, tandis qu’Europe 2 continuera de naviguer en eaux troubles, dessinant devant elle un horizon très incertain.
On aurait pu imaginer que Cyril Hanouna donnerait un nouvel élan à la musicale de Lagardère en lui offrant l’espoir d’une résurrection. Il n’en sera rien. L’animateur a préféré Fun Radio, où il animera une quotidienne dès la prochaine rentrée. Il faut être prudent sur l’effet Hanouna à Fun Radio. Avec une image devenue particulièrement clivante et traînant derrière lui un cortège de polémiques, l’animateur n’a pas fait le plus facile.
 
Ce phénomène dépasse le seul cas Hanouna. Le matin, les joueurs de flûte sur les généralistes, par leurs prises de position toujours plus tranchées et tranchantes, finissent par diviser au lieu d’éclairer. En dressant les auditeurs les uns contre les autres, ils contribuent probablement à un recul mécanique de l’audience car ce que l’on dit le matin dégouline naturellement sur le reste de la grille.
Mais la grande perdante de cette nouvelle façon de faire de la radio, c’est sans doute la crédibilité. Il est fort probable qu’elle en paye encore le prix fort. Ajoutons des écrans publicitaires envoyés à la mitraillette et l’on comprend aisément ce à quoi peuvent ressembler les audiences.
 
La radio trouvera probablement son salut dans le rattrapage. On peut même envisager qu’un jour, les contenus en replay surpassent ceux diffusés en direct. Une radio hybride est sans doute déjà en cours d’élaboration, aussi bien dans sa structure que dans ses usages. Ce bouleversement, déjà bien enclenché, pourrait être une formidable source de stimulation pour les professionnels, s’ils n’étaient pas contraints de lutter en priorité pour préserver l’existant.
 
Si vous étiez à La Bellevilloise, vous avez constaté que le Paris Radio Show a fait le plein de public et de bonnes ondes. Voilà de quoi entamer une nouvelle édition du RadioTour dont la première étape s’arrêtera à Annecy, le 6 mai prochain. On en parle dans ce nouveau numéro de La Lettre Pro de la Radio car nous avons fait le choix d’adapter et de muscler cet événement qui connaît un vrai succès.

Brulhatour


RRB : la radio made in Nouméa

Insulaire



Mercredi 1 Avril 2020


À 18 000 km de Paris, au large de l’Australie, la Nouvelle-Calédonie est un territoire français en plein Pacifique Sud. Un archipel d’une dizaine d’îles baignant dans la mer de Corail, au cœur de l’Océanie. Peuplée de 271 407 habitants (INSEE 2019), la Nouvelle-Calédonie s’étend sur un peu plus de 18 000 km² ; l’équivalent de quatre départements en métropole. Et sur le Caillou, six radios se partagent les ondes.


Depuis 2003, Lionel Sabot présente l’info sur RRB. © D.R.
Depuis 2003, Lionel Sabot présente l’info sur RRB. © D.R.

À l’image de l’archipel, le paysage radio est un microcosme. Cinq radios locales : La 1ère (radio généraliste de proximité du service public), Radio Rythme Bleu (RRB), Océane FM, Radio Djiido et NRJ Nouvelle-Calédonie. On capte aussi France Inter en direct, c’est-à-dire avec dix heures de décalage horaire. "Il y a un gros attachement des gens pour la radio. Nous avons peu de radios, mais une belle diversité d’offre", commente Lionel Sabot, journaliste à RRB. "Au sortir de la guerre civile entre indépendantistes et non-indépendantistes (1984-1988), deux radios ont émergé : Radio Djiido, qui est indépendantiste, et Radio Rythme Bleu (RRB) qui est la radio de la Calédonie dans la France. Les gens ont beaucoup écouté la radio il y a une trentaine d’années, parce que c’est là qu’ils trouvaient l’information le plus vite possible. L’écoute de la radio est restée dans les habitudes."

Un autre tempo

Radio Rythme Bleu est une radio associative qui emploie 21 salariés, dont une dizaine de journalistes. Radio généraliste, elle propose un programme musical, ponctué de rendez-vous d’information. Chaque jour, de 5h à 22h, les animateurs de la station se relayent, en direct. "Il y a beaucoup plus de directs qu’en métropole et les auditeurs prennent beaucoup plus la parole à l’antenne", estime Lionel Sabot. Arrivé à Nouméa en 2003, ce Stéphanois d’origine a fait ses armes sur Radio Fourvière comme bénévole avant de décrocher un poste salarié sur RCF à Lyon. Avant de s’envoler pour la Nouvelle-Calédonie, il a présenté pendant trois ans l’info locale sur Europe 2 Saint-Étienne. "J’avais envie de voir autre chose et je suis venu m’installer ici. Je suis rentré en métropole il y a quelques mois pour un voyage presse. Je n’y avais pas remis les pieds depuis 16 ans. Je n’ai pas reconnu Saint-Étienne. C’était chouette de revoir ma famille, mais j’ai bien compris que la métropole, ce n’était plus pour moi."

L’info insulaire

Sur RRB, Lionel Sabot a présenté les infos de la matinale pendant 13 ans, avant de rejoindre l’équipe du soir, début mars. En Nouvelle-Calédonie, il a découvert une autre façon de faire de la radio. "Ce qui change, c’est qu’ici nous sommes beaucoup au contact de l’auditeur. C’est tout petit, donc tout le monde se connaît. Ce qui est marquant quand on arrive, c’est qu’on prend le temps. On fait de la radio beaucoup plus librement en s’affranchissant des formats pour prendre le temps d'aller au fond des choses. Il y a plus de liberté, mais cela n’empêche pas d’être très réactifs sur l’info. Mais il y a peut-être moins la course au scoop ou à l’info tapageuse comme on peut voir sur les chaînes d’info en continu où il faut être le premier à attendre trois heures devant un ministère alors qu’il ne se passe rien. Ici on parle de politique, bien sûr, mais aussi de tout ce qui fait la vie locale, l’info pratique, la vie associative… Nous sommes très proches du public. Il y a beaucoup moins de stress, sauf lorsque l’on parle de coronavirus où ça devient n’importe quoi !"
"L’auditeur nous appelle pour nous partager une info… on fait partie de la famille !"

Europe 1, partenaire de RRB

À l’instar de plusieurs autres radios dans différents territoires ultramarins (Guadeloupe, Réunion, Tahiti), Radio Rythme Bleu reprend partiellement le programme d'Europe 1. Ce partenariat historique permet à RRB d’alimenter ses rendez-vous d’information en reprenant certains sujets, de proposer l’édito international de Vincent Hervouet ou La revue de presque de Nicolas Canteloup. Mais RRB diffuse également le programme d’Europe 1 la nuit, à partir de 22h, soit midi à Paris. "Grâce à ce partenariat, la Nouvelle-Calédonie n’est pas complètement coupée de l’actualité en métropole et dans le reste du monde. C’est vraiment un plus pour nos auditeurs."

Contact

Radio Rythme Bleu 
4 rue de Sébastopol 
98800 Nouméa 
Tél. : +687 25 46 46 
rrb@lagoon.nc 
rrb.nc



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